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APIVIA : le chant violent des Canaries

APIVIA : le chant violent des Canaries

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APIVIA : le chant violent des Canaries

À l’approche de l’archipel des Canaries, Charlie Dalin et Yann Eliès sont poussés par de forts alizés. En termes de conditions : « c’est la guerre », a résumé le skipper à la vacation, ce matin.
Ça cogne, oui, mais APIVIA est deuxième !

Après quasiment cinq jours de course, APIVIA est deuxième des IMOCA derrière Charal et devant Banque Populaire. Partis sur la route sud, Charlie Dalin et Yann Eliès ont eu manifestement du flair puisque l’option ouest, empruntée par quatre audacieux, semble avoir perdu un peu de sa pertinence. Pendant que les skippers APIVIA traversaient sans s’arrêter la dorsale au large de Gibraltar, le groupe ouest devait encore naviguer au près dans une mer formée et du vent fort.

À l’heure de la vacation, ce vendredi matin à 8 heures, APIVIA comptait un peu moins de trois milles d’avance sur Jérémie Beyou et Christopher Pratt, mais 46 milles sur Clarisse Crémer et Armel Le Cléac’h, troisièmes. Il est en revanche difficile d’estimer la position de Maître-CoQ, leader du groupe occidental, annoncé à 250 milles de la tête mais qui devrait attaquer les alizés dans un angle plus favorable. Des alizés qui, le long des côtes du continent africain, devraient secouer la tête de la flotte encore 48 heures.

Voici ce que disait ce matin Charlie, d’une voix claire, parfois entrecoupée de soubresauts claquants du bateau.

Charlie, quelles sont vos conditions de navigation ? :
Charlie Dalin : « C’est un peu la guerre à bord. On a 25 à 30 nœuds avec une mer assez courte. C’est un peu sport ! »

Physiquement, comment vous sentez-vous ? :
C. D. : (il rit) « On est bien même si là, on manque un peu de sommeil, mais on va pouvoir se rattraper. L’avantage du double, c’est qu’on peut enchaîner les siestes, et ce sera au tour de Yann, une fois que j’aurai raccroché. »

Faites-nous une petite carte postale !
C. D. : « Jusqu’à présent, APIVIA était assez agréable, il l’est un peu moins depuis quelques heures (il rit). Ça va assez vite, Yann est dans le cockpit, je vois à travers les vitres arrière le soleil se lever sur une mer agitée, des paquets de mer passent au-dessus de la casquette toutes les dix secondes. Les nuits sont un peu longues, puisqu’on n’est plus en été. Du coup, le jour se fait un peu attendre… ».

Vous êtes contents de votre trajectoire ?
C. D. : « Carrément ! ça se passe super bien. On a beaucoup navigué (à l’entraînement), mais APIVIA reste un bateau neuf. Alors jouer aux avant-postes avec Charal, c’est super ! (Un bruit sourd, le bateau enfourne violemment). Antoine Carraz m’a fait une check-list longue comme un jour sans vent qu’on a passée en revue. On n’a aucun souci à bord, le bateau est en parfait état et, ça, c’est génial. On ne perd pas de temps sur des interventions de bricolage. Et je suis content de naviguer avec Yann. »

C’était étonnant de vous retrouver en mer si près de Charal, hier…
C. D. : « C’est assez étonnant de se retrouver si proches, oui, après quatre jours de course. C’est impressionnant de voir un de nos bateaux naviguer si près. On s’est parlé à la VHF. C’est sympa de croiser des collègues d’entraînement. »

Les évolutions météorologiques vous semblent favorables ?
C. D. : « On est content d’avoir réussi à filer sous l’anticyclone, ce qui nous a permis de prendre la poudre d’escampette. C’est une bonne nouvelle, d’autant que ça semble un peu compliqué pour le groupe de l’ouest. À priori, on a fait le bon choix. En tout cas, les probabilités virent en notre faveur. Mais la course est encore longue, ça secoue vraiment sur APIVIA. On fait attention au matériel, le bateau va bien, pourvu que ça dure ! »

Vous trouvez des conditions climatiques plus agréables, également…
C. D. : « On a enlevé les cirés rapidement, et on est en tee-shirt depuis le cap Finisterre. Là, il fait 24 degrés dans le bateau, 21 dehors. Ce qui est agréable sur une transat, c’est que l’évolution des conditions de navigation donnent une vraie dimension à la route qu’on prend. On se rend vraiment compte de la distance qu’on parcourt et de la vitesse à laquelle on descend en latitude ».

Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre
Classement Intermédiaire de 12h en catégorie IMOCA

1er : CHARAL – Jérémie Beyou & Christopher Pratt.
2e : APIVIA – Charlie Dalin & Yann Eliès – distance au premier 21.48 milles.
3e : Banque Populaire X – Clarisse Cremer & Armel Le Cléac’h – distance au premier 52 milles.

Vacation de Charlie Dalin du vendredi 1er novembre