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Dalin et Eliès, deux regards sur la nouvelle génération de bateaux

Dalin et Eliès, deux regards sur la nouvelle génération de bateaux

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Dalin et Eliès, deux regards sur la nouvelle génération de bateaux

Charlie Dalin et Yann Eliès ont dix ans d’écart et des expériences différentes. Les deux skippers APIVIA évoquent ensemble l’évolution des monocoques.

La révolution en cours

Charlie Dalin : « L’efficacité des foils était la grande inconnue du précédent Vendée Globe. Il y avait beaucoup de sceptiques; et pourtant cela a été la grande révélation. Depuis, les architectes se sont propulsés dans le mouvement. Je me rappelle des foils du bateau d’Alex Thomson : on avait l’impression qu’ils étaient géants. Finalement, comparé à ceux d’aujourd’hui, ils étaient tout petits ».

Yann Eliès : « Je suis émerveillé. Comme un gamin. Avec Charlie, qui n’est pas junior non plus, on a couru la Transat Jacques Vabre ensemble en 2015, sur un bateau archimédien qui n’était pas de la toute dernière génération mais qui nous offrait déjà des vitesses moyennes de 22 nœuds par moments. Puis, il y a eu la génération 2016 qui a fait franchir un nouveau cap… En 2020, ce sera une nouvelle ère : le « tout foils ». Je suis super content de faire partie de cette révolution technologique ! »

Au bon endroit au bon moment

Yann Eliès : « Je suis aussi très heureux d’être dans l’équipe APIVIA aujourd’hui. C’est l’équipe dans laquelle il faut évoluer en ce moment. Ce sont ces hommes qui phosphorent en permanence dans l’ombre. Quand on entre dans les bureaux du team APIVIA, il y a quelque chose de différent qui se passe, un état d’esprit, une émulation : cela a généré des beaux projets différenciants. On sent l’héritage de l’aventure Macif et qui fait d’APIVIA le fruit d’un véritable travail collectif ».

Une nouvelle école

Charlie Dalin : « Sur cette Transat Jacques Vabre, on a vu apparaître beaucoup de familles de foils et de coques différentes. Nous avons préféré garder un peu de puissance de carène. Pour moi, un IMOCA est un peu comme un avion : s’il ralentit, il tombe. Si nous ralentissons trop, nous perdons la stabilité. APIVIA va très vite, mais ce qui est difficile, c’est de ralentir le moins possible, notamment au portant. Ce qui est nouveau, c’est que nous ne surfons plus la vague, car un bateau comme APIVIA va trop vite et heurte la vague qui est devant. Alors on essaie de trouver des solutions pour ralentir le moins possible dans ces conditions ».

Yann Eliès : « On se rend compte que APIVIA (comme les nouveaux foilers) va plus vite par mer plate que dans la mer. On trouve des solutions pour garder de bonnes moyennes dans la mer. APIVIA est un bateau qui va chercher la puissance partout, par la carène et les foils, et on en trouve encore en progressant dans l’utilisation. Il faudra qu’on ne s’interdise aucun test de configuration pendant la course, qu’on ne reste pas dans le cocon des certitudes : on est là pour découvrir le potentiel du bateau ».

Encore plus costaud

Charlie Dalin : « APIVIA tape beaucoup dès qu’on accélère. Dès qu’on abat, ça va très vite. A 70° du vent, on franchit les vagues qui sont des rampes de lancement. Régulièrement, il n’y a plus de contact entre l’eau et la coque. Nous ne sommes pas capables de savoir où l’impact aura lieu (il rit). Parfois c’est sous le cockpit, parfois sous la quille. C’est un peu déroutant. J’ai regardé toutes les vidéos embarquées de toutes les équipes du dernier Vendée Globe. Je voulais tout voir des endroits par lesquels l’eau entrait . C’est pourquoi, le cockpit fait partie des solutions pour rendre la vie à bord plus soutenable ».

Yann Eliès : « Aujourd’hui, il n’y a plus un seul endroit du bateau qui ne soit épargné par les impacts. On ne s’est pas encore penché sur la question de l’ergonomie à 100%, mais l’enjeu sera de trouver où Charlie sera le mieux placé – lorsqu’il naviguera en solitaire – pour encaisser les chocs un peu mieux qu’aujourd’hui. »