Votre espace client Aller dans mon espace client

APIVIA, la folle chevauchée dans l’Atlantique

 APIVIA, la folle chevauchée dans l'Atlantique
lundi 11 janvier 2021

APIVIA, la folle chevauchée dans l’Atlantique

« Charlie contre-attaque » aurait été l’affiche placardée sur la devanture des salles obscures si la folle remontée du skipper d’APIVIA faisait l’objet d’un long métrage hollywoodien. D’un retard de plus de 400 milles marins il y a seulement quatre jours, le maître Dalin l’a réduit à 38 milles ce lundi grâce à un savant mélange de vitesse et d’audace stratégique. Dans la lointaine galaxie de l’Atlantique Sud au large du Brésil, un front froid a généré une véritable barrière de péage qui s’étend d’Ouest en Est et sur laquelle le leader, Yannick Bestaven, a butté au moment où Charlie déroulait, reléguant même son poursuivant, Thomas Ruyant, à plus de 100 milles dans son sillage. A l’approche de l’équateur et après 80 % du parcours effectué, la saga du Vendée Globe n’a pas encore choisi son maître Jedi…

L’instantané : Charlie recolle le leader 

La remontée de Charlie Dalin sur le leader Yannick Bestaven n’est pas seulement le fruit d’une bonne stratégie combinée à des vitesses élevées, elle est aussi due à un phénomène bien connu de l’Atlantique Sud : le front froid semi permanent de « Cabo Frio », une ville brésilienne de l’Etat de Rio de Janeiro. « C’est une barrière météorologique bien identifiable et assez connue à cet endroit, on ne peut pas encore dire si c’est un véritable passage à niveau du Vendée Globe mais c’est sûr que c’est un point compliqué et stratégique dans notre remontée de l’Atlantique », expliquait ce matin Charlie joint par téléphone. « C’est un classique, pas simple à négocier, je suis en plein dedans actuellement (à 10:30 TU) et j’ai actuellement 1 nœud de vent alors que j’en avais 20 il y a 10 minutes à peine… »

L’instant « « Bison Futé » : « Le trafic est encore fluide »

Véritables routiers des mers, les marins du Vendée Globe peuvent être prévenus par leurs alarmes « AIS » d’une éventuelle route de collision avec d’autres bateaux munis du même système. A l’approche des côtes brésiliennes, un point circulation a donc été fait avec Charlie. « Le trafic est très fluide, je n’ai eu aucune alerte « AIS » depuis mon entrée dans l’Océan Indien où le système m’avait prévenu qu’un bateau de pêche rentrait vers Le Cap. Ça remonte à longtemps du coup et depuis, plus rien, plus de signal, aucun navire en visu ! Mais je sais que j’arrive dans une zone plus dense en termes de trafic maritime donc il va falloir redoubler de vigilance. Pour empêcher tous les problèmes liés à d’éventuelles collisions, mon système m’avertit lorsque ma route rencontre celle d’un navire mais le principal souci vient des petits bateaux de pêche que l’on peut rencontrer quand on est plus proche des côtes comme cela pourrait être le cas dans quelques jours près du Brésil car ceux-là ne sont pas tous équipés en « AIS ». L’autre endroit où il faut être vigilant c’est l’arc entre les Antilles, le Cap-Vert et les Canaries où beaucoup de voiliers traversent sans être équipés de ce système. Un autre système nommé « OSCAR » – que l’on peut d’ailleurs apercevoir dans ma vidéo en tête de mât – se situe en tête de mât et me permet aussi de détecter les bateaux plus près de mon IMOCA s’ils n’ont pas d’AIS », précise le skipper d’APIVIA. 

Le calendrier de l’avent de l’arrivée : le 27 janvier aux Sables d’Olonne ?

« Ces dernières semaines vont passer vite… J’ai fait mon premier routage en ciblant le port des Sables d’Olonne et ça me donne encore 16 jours de navigation sachant qu’on a plutôt tendance à prendre du retard. Dans 5 jours, je devrais être à la pointe du Brésil », prophétise le Havrais ce matin qui sent que la route vers l’équateur se rapproche comme en témoigne la hausse continue des températures enregistrées à bord. « J’ai presque battu mon record de températures de ce Vendée Globe avec 31 degrés à l’intérieur alors que mon pic le plus élevé enregistré était de 32,6 degrés à l’aller donc il fait bien chaud ! Ce matin, changement de décor, il pleut et la température est tombée à 20 degrés pour 25 dans le cockpit. D’ailleurs mon cockpit fermé possède beaucoup d’avantages et un peu d’inconvénient… Disons que tant que j’ouvre les portes, ça va, il fait assez frais mais dès que je dois les fermer lorsqu’il y a trop de mer, il peut vite faire très chaud dans cette zone du globe. Dans le Grand Sud, ça a été vraiment confortable par contre », avoue le marin à qui il ne reste plus qu’un cinquième de ce tour du Monde à parcourir.

L’instant fraîcheur du jour : « Shampoing avec de l’eau de pluie »

« J’ai maintenant des cheveux à peu près décents ! Grâce à l’eau de pluie que j’ai pu récupérer, je me suis fait mon premier shampooing de 2021. J’en ai aussi profité pour rincer intégralement mes bottes qui méritaient bien cet instant de fraicheur après avoir avalé de l’eau salée pendant tout le grand Sud. C’est important de les rincer à l’eau douce car une fois qu’elles seront sèches elles le resteront plus longtemps ! Sinon j’ai récupéré deux seaux d’eau douce pour pouvoir faire des lessives dans les jours à venir », anticipe Charlie après 64 jours de mer.

Désormais passé sous la barre symbolique des 10 000 kilomètres (8 955 km) du port vendéen, Charlie Dalin prépare consciencieusement sa contre-attaque dans l’espoir de marquer son retour en tête de la flotte et ainsi clore cette belle saga qu’on adorerait intituler « Le retour du Jedi ».

Repères APIVIA Vendée Globe 2020/21 

  • Classement : 2e (classement de 15h)
  • Distance au 1er : 38,24 milles (70,82 km)
  • Vitesse : 9,77 nœuds (18,09 km)
  • Cap : 35°
  • Distance à l’arrivée : 4 807,46 milles (8 903,42 km)