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APIVIA à 48 heures de l’arrivée en Martinique

APIVIA à 48 heures de l’arrivée en Martinique
Mardi 23 NOVEMBRE 2021

APIVIA à 48 heures de l’arrivée en Martinique

850 milles, c’est la distance qu’il reste à parcourir ce mardi matin à l’aube du 17e jour de course jusqu’à la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre. La course touche à sa fin pour le duo d’APIVIA qui pointe en 2e position, à 170 milles au large de Cayenne, en approche de la mer des Caraïbes. La dernière ligne droite est engagée pour Charlie Dalin et Paul Meilhat, déterminés à tirer le meilleur d’un alizé capricieux qui n’a pas fini de leur jouer des tours jusqu’à la ligne d’arrivée à Fort-de-France, en Martinique.

Un petit crochet par l’hémisphère Sud, et puis revient. Après une belle chevauchée qui les a vus descendre à pleine vitesse vers Fernando de Noronha, cet archipel inscrit au patrimoine de l’UNESCO, c’est une longue et laborieuse remontée le long d’une zone interdite à la navigation qu’ont entrepris Charlie et Paul sur APIVIA. « Il y a eu trois phases. Au début, dans un vent médium de Sud-Est, on a enchaîné les empannages, sans plus les compter, le long de la zone interdite. Il a fallu gérer les bascules et les variations de force. On n’a pas eu beaucoup de répit. Puis, on a eu comme un mini Pot-au-Noir, avec pas mal de nuages et des grains à gérer de nuit. On a mis pas mal de temps à passer cette zone qui nous a fortement ralentis, alors que LinkedOut est passé plus facilement. À présent dans un flux de Nord-Est, on progresse un peu sur une course de vitesse, avec néanmoins la difficulté de composer avec ce vent instable en force qui nous mobilise beaucoup sur les réglages, » raconte Charlie.

Un dernier « Pot » pour la route ?

À travers ce récit, on devine un petit ralentissement aux lourdes conséquences. À mesure qu’il gravissait les latitudes équatoriales, le duo d’APIVIA, toujours mobilisé pour tirer le meilleur du bateau qu’il maîtrise sur le bout des doigts, n’a pas été ménagé par le scénario de cette dernière partie de la course entre les deux hémisphères. Une météo capricieuse, trop peu ouverte aux options stratégiques sur un terrain de jeu fermé par la zone d’exclusion dessinée afin d’éviter que les équipages s’aventurent trop près des nombreux écueils des côtes sud-américaines, n’a pas offert les opportunités pour revenir sur le leader.

Résultat : le tandem de tête s’échappe progressivement vers la ligne d’arrivée. Depuis la traversée retour de la zone de convergence intertropicale, que d’aucuns annonçaient pourtant sans piège apparent, la course a pris une nouvelle tournure. Elle part par devant. Les écarts, qui ont volontiers fait le yo-yo laissant augurer des rebondissements, se creusent désormais. Dans un sens comme dans l’autre, puisqu’à l’inverse APIVIA prend également un peu plus ses distances avec Charal, son poursuivant immédiat. D’un côté comme de l’autre, les milles qui se compilent illustrent cette insidieuse mécanique, distribuant les cartes sans offrir les atouts pour bousculer la hiérarchie pré-établie ; et ré-écrire l’histoire.

Et la suite ? À la lecture des fichiers météo, elle n’apparaît pas décidée à ouvrir le champ des possibles. « La météo nous offre un peu la même problématique que celle qu’on a connue pour rejoindre l’équateur, avec une espèce de panne d’alizé, qui nous oblige à progresser avec un vent mal établi. Ce n’est pas très compliqué en termes de stratégie, en revanche des trous d’air nous sollicitent beaucoup dans la conduite du bateau, » indique Paul. « Les fichiers ne sont pas très bons. Plus on progresse, moins ils sont précis, en force comme en direction. On doit composer avec cette incertitude, même si jusqu’à l’arrivée on devrait avoir du vent médium d’Est-Nord-Est, » complète Charlie.

À l’affût jusqu’à l’arrivée

« Mais on travaille notre trajectoire. Notre plan de bataille reste d’aller le plus vite possible à l’affût des éventuelles opportunités qui voudront bien se présenter devant nous, » ajoute-t-il, content d’avoir pu recharger les batteries après une série d’empannages particulièrement exigeante, dans la chaleur et la torpeur qui s’en mêlent inévitablement, alors que dans le cockpit la température flirte avec les plus ou moins 30° constants. Même son de cloche du côté de Paul qui précise : « on progresse dans une zone où on n’a pas forcément l’habitude de naviguer et dans laquelle on ne rencontre pas trop les conditions de vent prévues, on n’est pas à l’abri d’avoir quelques surprises. » Car on le sait, tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, aucun retournement de situation n’est exclu. Ce qui est toujours bon à prendre à bord d’un bateau au potentiel intact, mené par un duo de complices qui maîtrise tout l’art de tracer une trajectoire au cordeau quel que soit le plan d’eau. Preuve s’il en est que la promesse d’affaler les voiles se mérite au terme de cette Transat Jacques Vabre qui s’étire dans ses dernières longueurs alizéennes pour rejoindre les latitudes tropicales très convoitées de la Martinique…

Repères APIVIA sur la Transat Jacques Vabre 2021 :

  • Classement : 2e (classement de 12h)
  • Distance au premier : 162,81 milles (301,53 km)
  • Vitesse : 30,92 nœuds (23,33 km)
  • Cap : 316°
  • Distance à l’arrivée : 782,2 milles (1 454,19 km)