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Apivia au cœur d’un chassé-croisé dans le peloton de tête

Apivia au cœur d’un chassé-croisé dans le peloton de tête
MARDI 16 NOVEMBRE 2021

Apivia au cœur d’un chassé-croisé dans le peloton de tête

Atypique, inhabituelle et évidemment complexe… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la situation sur la Transat Jacques Vabre servie, depuis le départ du Havre, par des conditions de petit temps qui défient tous les pronostics et rallongent la course. Aux abords du Cap-Vert, à l’aube du 9e jour de course, APIVIA poursuit sa descente aux avant-postes de la flotte des monocoques IMOCA qui connaît un très net regroupement avec des changements de leaders incessants.

« Cap Finisterre, Madère, Canaries, et maintenant Cap-Vert… Plus que sur la vitesse, la course se joue sur des placements et la gestion des phénomènes, des vents, des effets de côtes. Ce n’est pas de tout repos ! » déclare Charlie alors qu’APIVIA progresse ce matin non loin de Boavista et Maio, ces îles orientales de l’archipel volcanique, situées à 350 milles au large du Sénégal. « C’est long, intense et très varié sous le signe du petit temps. C’est la première fois que j’emprunte cette route africaine, aussi proche des îles. Bien sûr, on aimerait plus exploiter le potentiel du bateau. Mais le principe de la course au large, c’est de s’adapter. C’est la stratégie qui a de l’influence sur la partie qu’on joue. C’est hyper intéressant, on apprend beaucoup ! » complète Paul Meilhat.

Du « remue-méninges » dans la vie de couple

Dans ce contexte, le remue-méninges bat son plein. Concentrés et totalement investis dans cette régate à l’échelle de l’océan, Charlie et Paul réfléchissent ensemble sur la stratégie au long cours et discutent de tactique rapprochée à adopter. Ils passent également de longues heures devant l’ordinateur du bord à étudier, analyser et décortiquer les fichiers. « Dans cette situation moins classique, on va même piocher dans les road-books et les documents embarqués, nos « Bernoteries » (en référence au météorologue-routeur Jean-Yves Bernot), dont on dispose à bord pour affiner en permanence notre trajectoire. Notre rythme de quarts est assez perturbé par les nombreuses manœuvres et ces incessantes phases de météo. On dort peu en quantité, mais mieux en qualité, » poursuit-il. Sur une grande houle orientée nord-ouest, les conditions sont effectivement très agréables, plus fraîches que d’habitude dans ces quartiers de l’Atlantique Nord.

Mais que font les alizés ?

Cette drôle de situation est due aux alizés très mollassons qui perturbent tout, et font de ce passage du Cap-Vert un vrai casse-tête. Sans compter les camarades de jeu au rendez-vous, qui ne cèdent rien au meilleur niveau de cette compétition à l’échelle de l’océan.

« Nous avons pris des options un peu différentes depuis hier. La nuit dernière a été un peu difficile, avec de l’écart latéral très important entre les bateaux qu’on ne voyait plus à l’AIS (Automatic Identification System). Mais on regardait en permanence les positions sur la cartographie de la course », explique Paul.

Ce mardi matin, les relevés de positions confirment que six bateaux progressent dans un rayon de 85 milles, avec des écarts qui se font et se défont au gré des accélérations, des dévents et des bascules aux abords des îles. Leader hier, APIVIA, progresse, ce mardi midi, en 3è position. Il pointe surtout 55 milles dans le nord-ouest de LinkedOut et Charal, calés sur des trajectoires similaires. C’est dire que rien n’est joué entre ces bateaux, alors qu’il reste 3 340 milles théoriques pour boucler le parcours en Martinique.

Et le Pot-au-noir ?

De quoi nourrir le suspense sur les chemins menant à la zone de convergence intertropicale, prochain obstacle de taille sur le parcours de cette Transat Jacques Vabre en panne d’alizés. « On commence à s’y intéresser, même si notre gros dossier du moment, c’est le Cap-Vert. Ce n’est déjà pas une mince affaire ! Les multicoques sont désormais trop loin pour que leur passage puisse nous éclairer sur les trajectoires à privilégier. On regarde plus par curiosité pour savoir qui est en tête ! » indique Charlie. Et de conclure : « Il a l’air positionné très nord, aux environs des 10° Nord. On devrait y arriver dans deux jours. Il semble assez costaud. Tout porte à croire, qu’il va aussi falloir pas mal de temps pour le négocier… »

Repères APIVIA sur la Transat Jacques Vabre 2021 :

  • Classement : 3è (classement de 16h)
  • Distance au premier : 22,98 milles (42,56 km)
  • Vitesse : 12,6 nœuds (23,33 km)
  • Cap : 222°
  • Distance à l’arrivée : 3 300,8 milles (6 113,08 km)