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IMOCA APIVIA

APIVIA au passage à niveau !

Après avoir enroulé hier en deuxième position le waypoint « COI-UNESCO » au large de l’Islande, APIVIA est toujours aux avant-postes de la flotte. Charlie s’applique dans l’exercice de cette Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne qui n’est décidément pas de tout repos car la météo actuelle, très instable, a engendré un resserrement de la flotte. Une dorsale (zone de haute pression atmosphérique engendrant des vents faibles) barre désormais la route directe des concurrents vers le waypoint Gallimard, déplacé par la direction de course à plus de 400 milles à l’Ouest des Sables d’Olonne. En attendant le dénouement de ce passage délicat, le skipper de l’IMOCA Apivia, Charlie Dalin, tirait ce matin déjà certains enseignements de cette moitié de parcours en vue du prochain niveau à atteindre qui reste l’objectif majeur de son projet : le Vendée Globe !

Charlie, tu fais partie des grands acteurs de cette Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, est-ce que tu pensais batailler autant au contact comme en Figaro ?

Charlie Dalin : « Je ne savais pas à quoi m’attendre, ni comment j’allais me débrouiller par rapport aux autres car c’est ma première course en IMOCA en solitaire. C’est différent de ce que j’ai fait jusqu’à présent. Je suis plutôt satisfait car je suis assez souvent aux avant-postes ! Avant le départ, plus l’échéance approchait, plus je me rendais compte que ce serait une course difficile : on traverserait beaucoup de systèmes météo avec des variations de vent très régulières et cela impliquerait beaucoup de manœuvres, de réglages et de changements de voile. Je pensais que la flotte s’étalerait plus que ça parce qu’avec Jérémie Beyou (Charal), on est vraiment resté très au contact. Cela a des avantages comme celui de savoir si j’ai les bons réglages, et cela permet aussi d’apprendre plein de choses sur les autres, sur soi-même et sur le bateau. En revanche, c’est plus fatigant parce qu’on regarde forcément à l’AIS (système d’identification qui permet de visualiser le trafic maritime) quelle performance ont les autres bateaux par rapport à nous. »

Tu peux nous décrire l’ambiance du nord avec ses courtes nuits, ce n’est pas trop déroutant pour toi ?

CD : « C’est sûr que la dernière nuit a été très courte mais ce qui est surtout bizarre, c’est la durée de l’aube et du crépuscule qui créent une atmosphère assez lugubre et pas très accueillante ; une sorte de pénombre qui dure des heures… Avec le ciel couvert et le vent changeant, ces nuits sont presque comme des minis « Pot-au-Noir » avec des changements vraiment importants de conditions. J’ai eu jusqu’à 9°C dans le cockpit donc il ne fait pas non plus très chaud. Ce sont là de véritables marqueurs qui me permettent de comprendre que l’on voyage et que l’on parcourt de la distance. »

Toi qui avais tellement hâte de naviguer en solitaire, est-ce que cela correspond à tes attentes ? Comment tu te sens dans l’exercice ?

CD : « Bien sûr que ça me plaît ! Il y a de la confrontation, du contact, des conditions variées et beaucoup de réflexion à faire sur la météo. Ce n’est pas totalement l’exercice du Vendée Globe car le rythme est un peu plus élevé du fait de ces changements de système permanents mais je me sens bien et je continue à appréhender le sujet en modifiant ma façon de faire au fur et à mesure de la course. Je suis en perpétuelle adaptation ! »

Quelle analyse tu fais de cette course par rapport à ta préparation au Vendée Globe ?

CD : « Cette course me sert à continuer le process de validation de mon Imoca APIVIA en vue du Vendée Globe. Elle me permet de tester mon avitaillement, de trouver les réglages, d’avoir des réponses pour les tailles et les formes des voiles à prendre sur le tour du monde. On fera sûrement par la suite des ajustements au niveau performance mais aujourd’hui je trouve que nous sommes assez rapides par rapport aux autres bateaux ; ce qui veut dire qu’on est sur la bonne voie ! »

Côté avitaillement justement, qu’est-ce que tu as le plus apprécié pour le moment et que tu embarqueras sur le Vendée Globe ?

CD : « J’en profite surtout pour tester et j’ai découvert le « beef jerky » (bœuf séché) que je connaissais de nom mais que je n’avais jamais embarqué. Le moment que je préfère c’est quand je prends un vrai plat chaud, en quantité assez importante. J’ai l’impression de réellement manger alors que le grignotage que je peux faire entre les repas m’aide surtout à garder de l’énergie après les manœuvres de matossage ou autre. Sinon j’aime toujours bien mon petit bol de céréales traditionnelles, tous les matins au petit déjeuner… mais ce matin, il se fait attendre ! »