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Âpre tempête australe pour APIVIA !

Âpre tempête australe pour APIVIA !
MARDI 01 DECEMBRE 2020

Âpre tempête australe pour APIVIA !

Rafales à 40 nœuds (74 km/h) et creux de 6 mètres. L’océan Indien reste fidèle à sa réputation et célèbre, bien à sa manière, la bienvenue à APIVIA. Rude, brutal et bien autoritaire est ce passage du Cap des Tempêtes pour le leader du Vendée Globe. Une confrontation inévitable, comme un rite d’initiation, qui durera encore 24 heures et où Charlie sait « qu’il ne faudra plus être régatier, mais être bon marin ». A quelques centaines de milles plus à l’Ouest, Jean Le Cam réussissait dans la nuit un incroyable sauvetage pour venir en aide à Kévin Escoffier, à la dérive sur son radeau de survie. Un soulagement immense pour toute la flotte du Vendée Globe, preuve une nouvelle fois de la solidarité à toute épreuve qui règne entre tous les skippers de ce tour du monde en solitaire.

Telle la carlingue d’un avion de chasse, Charlie vient de dessiner une nouvelle croix sur la coque d’APIVIA. Après l’équateur, c’est le Cap de Bonne-Espérance qui est maintenant dans le sillage du foiler. Mythique cap sud-africain découvert en 1488 par Bartolomeu Dias qui le nomma « Cap des Tempêtes », puis renommé « Cap de Bonne-Espérance » par le roi Portugais Joao II. Sachez, pour la petite histoire, qu’il n’est pas le cap le plus sud de l’immense continent africain. En effet, ce dernier est le Cap des Aiguilles, placé à 149 km plus à l’Est. L’histoire se rappellera du Cap de Bonne-Espérance, comme étant le dernier point terrestre au Sud à contourner pour les flottes commerciales portugaises, avant de mettre de l’Est dans leur route vers l’Extrême-Orient.

22 jours, 09 heures et 51 secondes est donc le temps de passage d’APIVIA à la longitude du premier des grands caps à virer, soit 8 505,1 milles (15 751,5 km) parcourus à la vitesse de 15,8 nœuds (29,3 km/h) depuis les Sables d’Olonne. Point de record sportif à célébrer faute à un Atlantique Nord et à un anticyclone de Sainte-Hélène peu coopératifs. Seul bonheur à partager, et qui n’est pas des moindres : l’entrée d’APIVIA et de son skipper en leader sur ce nouvel échiquier qu’est l’Indien. Une célébration, certes, mais qui ne laisse aucune place à la contemplation… « Je me prépare pour ma première tempête australe déclarait Charlie hier. Je crois que l’ancien nom du Cap de Bonne-Espérance était le cap des Tempêtes… Et bien, je pense que ce sera plus le cap des Tempêtes qu’autre chose ! Je vais prendre pas mal de vent et je m’y prépare ». En effet, les conditions de navigation sont actuellement rudes pour APIVIA. Depuis hier début d’après-midi, la dépression progressant vers le Nord-Est et APIVIA vers le Sud-Est rendait la confrontation inévitable. Un face-à-face, ambiance mêlée fermée d’un match de rugby contre les Springboks (équipe sud-africaine de rugby et championne du monde en titre) avec coups, chocs et impacts dans des vents de 40 nœuds (74 km/h) et des creux de 6 mètres.

Une vraie première tempête des mers du Sud qu’APIVIA se doit de gérer et d’affronter dans cet étroit goulot de 600 milles (1 111 km) mis en place par la Direction de Course du Vendée Globe, balisé par le continent africain au Nord et la ZEA (Zone d’Exclusion Antarctique) au Sud. « Je n’ai pas beaucoup de choix… Cette dépression est stationnaire pratiquement. Donc, je dois y aller… Après, je fais attention à analyser le vent et la mer qu’il y a dedans. J’ai jugé que c’était acceptable. J’espère que j’aurai raison… Ce sont des heures qui vont être délicates ».

Le mot à retenir :

Charlie Dalin (skipper d’APIVIA) : « Je m’attends à avoir plus de 40 noeuds de vent et six mètres de mer… Une mer courte, qui va pas mal déferler. Cela ne va pas être le moment le plus agréable du Vendée Globe. Beaucoup de marins m’ont dit que c’était la zone la plus difficile du Vendée Globe et vu les deux belles prunes qui m’attendent, ça a l’air conforme à leurs prédictions ».

Placement anticipé !

Cet inévitable face-à-face, Charlie le voyait venir… Il faut savoir que le skipper, leader depuis une semaine maintenant, a réfléchi ce scénario en poussant, les jours précédents, ce grand bord au portant dans le Nord-Est, « traversant le plan d’eau » comme disent les régatiers, avant d’empanner (changer de bord au vent arrière) et de plonger vers le Sud-Est. Un long bord qui, s’il lui a fait perdre des milles d’avance sur la flotte qui bénéficiait de conditions météo différentes et qui faisait route directe, a permis à APIVIA de contourner et d’éviter le tant redouté courant des Aiguilles, qui circule le long des côtes sud-africaines et de descendre sur un seul bord au contact de la dépression qui déroulait ses vents puissants plus au Sud. « Charlie est impeccablement dans l’axe du courant où il y a à peu près 2,5 à 3 nœuds de courant avec lui explique Pascal Bidégorry, l’un des skippers les plus experts en météo et stratégie, qui a collaboré avec Charlie et APIVIA. L’avantage, c’est que cela a tendance à un peu plus aplatir la mer sur une partie. C’est pas mal, car il a du vent fort à très fort. Il s’est exactement positionné là où il fallait, il n’y a rien à dire… Cela fait plaisir de le voir aussi lucide. Et cette lucidité, on l’a retrouvée sur sa façon de naviguer sur ces 22 premiers jours de course. Il a su vraiment trouver les bons moments où il fallait être. Il a su choisir également les bons moments pour préserver son matériel et les bons moments, où il a pu exploiter le potentiel de son bateau extraordinaire. »

Repères APIVIA Vendée Globe 2020/21 :

  • Date et heure de la news : mardi 1 décembre – 9h00
  • Classement : 1er
  • Avance sur le 2e : 219,71 milles (406,9 km)
  • Vitesse : 14,39 nœuds (26,65 km/h)
  • Cap : 94°
  • Distance à l’arrivée : 17 429,7 milles (32 279,8 km)