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Course neutralisée en Islande :
Charlie Dalin en première position

Course neutralisée en Islande : Charlie Dalin en première position

Course neutralisée en Islande : Charlie Dalin en première position

À retenir dans ce communiqué :

>Une vigoureuse dépression au niveau de l’Islande oblige la Direction de course de la Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne à modifier le parcours.

>Devant la détérioration rapide des conditions, la course a finalement été neutralisée sur les coups de minuit vendredi.

>Charlie Dalin, premier de l’acte 1 au passage de la porte dans le Sud-Est de l’Islande – franchie à 2h23 cette nuit, – est actuellement premier en stand-by à bord d’APIVIA

Depuis 24 heures, la Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne connaît de nombreux chamboulements. La faute à un vigoureux système dépressionnaire – « un monstre » disent certains – qui s’amplifie à mesure qu’il se rapproche pour atteindre l’Islande et s’étendre sur la flotte assez étalée. Ce phénomène a d’abord incité la Direction de course à renoncer au tour de l’Islande, et à modifier le parcours. Au lieu de contourner l’île aux volcans pour rejoindre le cercle polaire au Nord, les 24 concurrents ont su hier, qu’une fois la porte passée, ils devaient alors faire demi-tour. Et descendre, cap vers une deuxième marque de parcours, située à 950 milles au large des Sables d’Olonne, point de départ et d’arrivée de leur grande boucle aux détours des latitudes Nord.

Déception, satisfaction, compréhension

Mais c’était alors sans compter sur la sérieuse et rapide dégradation des conditions, et la promesse pour la flotte d’affronter des vents violents sur une mer scabreuse. Un tableau météo qui a finalement contraint l’organisation à neutraliser la course au niveau de la première porte. À la mettre en pause en somme, pour faire prévaloir la sécurité de tous les skippers engagés.

À bord d’APIVIA, c’est un mélange de déception et de satisfaction sur fond de bon sens marin, qui l’emporte ce vendredi matin. « À l’annonce de la modification de parcours tombée hier après-midi, j’étais un petit peu déçu, parce que pour le premier groupe de bateaux les conditions pour faire le tour de l’Islande étaient réunies. C’est dommage, même s’il faut admettre que la situation était plus compliquée pour la suite des concurrents », explique Charlie, qui a déjà connu ce type de situation sur une étape de la Solitaire du Figaro en 2015. De quoi bien mesurer toute la sagesse de cette décision.

« La modification de parcours nous faisait redescendre directement le long de la côte Est-Sud-Est islandaise ; et là on se retrouvait à passer une grosse dépression au vent de travers dans 50 nœuds. L’annonce de la neutralisation est arrivée environ deux heures avant que je rejoigne la porte. C’était un peu frustrant de devoir affronter des conditions plus difficiles après un changement de parcours. »

Premier dans la nuit claire islandaise

Sur le plan sportif, le skipper d’APIVIA a néanmoins toutes les raisons de se réjouir. Premier à la porte islandaise qu’il a franchie à 2h23 dans le cœur de la nuit claire sous ces latitudes septentrionales, il récolte les fruits de sa navigation toute en maîtrise pour prendre la tête, et creuser son avance sur une route très occidentale. Une option Ouest sur laquelle il s’est accroché, notamment « pour essayer d’éliminer au maximum les changements de voiles, et perdre du temps et de l’énergie dans les manœuvres », alors que certains modèles météo lui suggéraient d’emprunter, au prix d’une série d’empannages, un petit couloir plus à l’Est. Un trou de souris dans lequel se sont faufilés certains de ses concurrents, à l’image des bizuths Guirec Soudée et Benjamin Ferré, faisant preuve d’une belle résistance toute au long de l’ascension vers l’Islande. Au bout du compte, même s’il convient qu’il a fallu « mettre du charbon dans la locomotive sur une course engagée », son positionnement à long terme a payé. Tout comme sa bonne connaissance d’APIVIA. « J’ai vraiment confiance dans le bateau. Je sais ce dont il est capable dans des conditions très variées. J’ai les bases et les bons repères en termes de réglages et de choix de voiles. Ce qui me laisse le temps pour faire de la stratégie », ajoute-il en substance.

De quoi lui permettre d’afficher aujourd’hui une belle avance, de 3h43 face à Jérémie Beyou, et de 7h10 face à Thomas Ruyant, qui complètent le podium virtuel de ce classement provisoire en Islande. Pour l’heure, Charlie et ses deux plus proches concurrents patientent à une dizaine de milles au large des côtes et des fjords islandais qu’ils ne distinguent pas. « Ici, c’est la boucaille, comme on dit. Le ciel est bas avec du crachin. Il fait 5° dehors, 9° dans le bateau. Pour info, l’Islande, c’est une bonne destination en cas de canicule », décrit Charlie surtout très content d’être « premier sur la ligne de neutralisation. »

« On verra la forme que ça prendra sur la suite du parcours. En tout cas, ça c’est pris », complète-t-il alors qu’il a toutes les raisons de se féliciter de cette belle « pôle » position, sous ces latitudes extrêmes où il fait jour la nuit. De quoi garder le sourire, en attendant que l’actif et tempétueux système s’évacue, et que la course reprenne tous ses droits…