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Charlie Dalin, Skipper de l’Imoca APIVIA : « J’aborde le Vendée Globe avec humilité et ambition »

Charlie Dalin, Skipper de l’Imoca APIVIA  : « J’aborde le Vendée Globe avec humilité et ambition »
Imoca APIVIA

Charlie Dalin, Skipper de l’Imoca APIVIA : « J’aborde le Vendée Globe avec humilité et ambition »

Le stress des dernières obligations liées à la crise sanitaire qui l’emportent sur l’échéance d’un départ à huis clos ; la météo des premiers jours de course, les derniers points stratégiques, ses objectifs de résultats et l’envie encore plus forte de partager la course avec les terriens… À deux jours du départ de cette 9è édition du Vendée Globe qui revêt d’ores et déjà une dimension exceptionnelle, Charlie Dalin, le skipper d’APIVIA, répond aux questions des journalistes le temps d’une dernière conférence de presse en visio-conférence. Extraits…

Comment se passe cette période d’avant départ dans le contexte actuel ?

« Je suis arrivé mercredi aux Sables d’Olonne après avoir passé le confinement à Concarneau. J’ai dit au revoir à mon fils de deux ans qui est resté à la maison. Sur le plan technique, nous avions navigué une dernière fois à bord d’APIVIA avant que je ne rentre en Bretagne, je suis bien évidemment resté cette semaine en lien avec l’équipe technique et j’ai même pu travailler sur l’ordinateur du bord à distance pour affiner ce que j’avais à faire sur le logiciel de navigation Adrena, comme charger mes dernières polaires de vitesse. J’en ai profité pour passer ce temps suspendu en famille. J’ai continué à faire un peu de sport et à travailler la météo. À cela s’ajoute quelques obligations. Je ne me suis pas ennuyé sur cette période. »

Dans quel état d’esprit êtes-vous à trois jours du départ ?

« Je me sens fin prêt, et je pense qu’APIVIA n’a jamais été aussi prêt. L’équipe a réalisé un travail formidable depuis la remise à l’eau l’année dernière. L’objectif était de faire un cycle complet avec le bateau, soit l’équivalent d’un Vendée Globe en distance parcourue. En raison de la crise sanitaire, il nous manque l’équivalent d’une transatlantique. Mais on n’est pas loin du but. Je n’ai jamais participé au Vendée Globe, c’est un temps en mer que je ne connais pas, mais je n’ai jamais souffert de la solitude sur mes courses précédentes, je reste assez confiant à ce niveau-là. J’ai beaucoup travaillé pour me projeter notamment quand je serai dans les mers du sud grâce aux témoignages de personnes qui ont déjà disputé le Vendée Globe ou des tours du monde. Maintenant, il est temps d’aller me faire ma propre idée de l’océan Indien et du Pacifique ; et vivre ma propre expérience. »

Qu’en est-il du test PCR que vous devez effectuer ?

« C’est un point qui me stresse encore plus que le départ du Vendée Globe. J’ai respecté le protocole sanitaire et fait bien plus encore pour me protéger en me confinant tôt. »

Quelles conditions météo vous attendent pour les premiers jours de course ?

« On se dirige plutôt vers un départ en douceur dans un vent plutôt de Sud dans des conditions ensoleillées et avec des températures assez élevées aussi. On ne va pas directement partir dans 50 nœuds, il n’y aura pas de tempête à l’entame de ce tour du monde. On va avoir pas mal de près sur les premiers jours. On ne battra sans doute pas le record entre Les Sables d’Olonne et l’équateur, les conditions ne seront pas aussi rapides qu’il y a quatre ans. Mais nous aurons quelques fronts à négocier quand même, en raison d’une dépression située au niveau des Canaries qui va déterminer comment rentrer ensuite dans l’alizé. »

Comment vous apprêtez vous à vivre ce départ à huis clos et la course dans le contexte actuel ?

« C’est mon premier départ, je n’ai donc pas de standard. Il y a quatre ans, j’étais à bord du bateau de Yann Eliès pour passer le chenal : je n’ai pas vécu ce moment de la même manière que lui, même si j’ai ressenti une belle et très forte émotion. Dimanche, il n’y aura pas la foule, il n’y aura pas cette effervescence. Ce SAS sera un peu plus facile à franchir cette année ! C’est néanmoins quelque chose que j’avais travaillé avec mon préparateur mental. Finalement, la situation sera différente. Le partage fait partie pleinement de notre sport et cette année il faudra le faire autrement. J’ai encore plus envie de faire rêver à travers des photos, des vidéos, des sons que j’enverrai pendant la course à tous ceux qui restent à terre. De leur permettre de prendre un bol d’air et de s’évader. En dépit de la crise sanitaire, la course sera exactement identique aux éditions précédentes. Quelque part, ce Vendée Globe est peut-être particulièrement adapté au contexte actuel. J’aurais aimé avoir plus d’échanges avec le public, mais le rêve et la magie que la course apportera seront, je l’espère, encore plus forts. »

Quel choix avez-vous fait concernant les huit voiles que vous avez le droit d’embarquer ?

« On va bientôt devoir rendre notre feuille de match concernant les voiles que j’embarquerai. Mais ce sera la surprise ! Il est vrai que nous sommes dans une période charnière sur cette édition avec un choix à faire entre un spi ou une voile de portant un peu plus plate. C’est une question stratégique que l’on se pose au sein des teams. Parmi les bateaux neufs, nous n’avons pas pris la même décision, mais chacun cache encore un peu son jeu ! »

Quelles similitudes existent-ils entre votre parcours et celui de François Gabart, vainqueur du Vendée Globe en 2013 et dont la structure héberge le projet Apivia Voile ?

« Nous sommes tous les deux ingénieurs de formation. Quant à notre parcours, nous sommes aussi tous les deux issus du circuit Figaro, et nous avons bénéficié de l’accompagnement de la filière de détection de jeunes talents de la course au large du groupe Macif, le programme Skipper MACIF. Filière dans laquelle nous nous sommes réellement affirmés, sur laquelle nous avons eu de très bons résultats. Pour nos premiers pas sur le circuit IMOCA, nos partenaires, dont les notions de performance et d’innovation sont très importantes, ont souhaité un programme complet et avec la construction de bateaux de dernière génération, avec en point d’orgue la course du Vendée Globe. Le mien est aujourd’hui sous les couleurs d’Apivia groupe Macif, une filiale du groupe Macif. Sur notre niveau d’exigence et de préparation, on partage une philosophie très proche. »

Vous a-t-il indiqué une recette pour gagner un Vendée Globe dès sa première participation ?

« Ah… ! (rires) Le Vendée Globe c’est une course longue. J’y vais avec beaucoup d’humilité même si le projet APIVIA, avec ce bateau pensé et construit pour ce Vendée Globe, est ambitieux. C’est une course où il se passe toujours beaucoup de choses. L’objectif est d’être dans la position de pouvoir le remporter. Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon jeu est assez complet, il me manque peu de cartes, peut-être celle de ne pas l’avoir déjà disputé. Mais ce n’est pas rédhibitoire, plusieurs bizuths l’ont déjà fait. Boucler la boucle à bord d’APIVIA, ce serait déjà une très belle réussite. Je reste un compétiteur et je vais faire le maximum pour être aux avant-postes ; et faire un bon résultat. »